{"id":442,"date":"2023-12-04T12:47:02","date_gmt":"2023-12-04T11:47:02","guid":{"rendered":"https:\/\/ameliekorsi.com\/?p=442"},"modified":"2023-12-22T16:14:23","modified_gmt":"2023-12-22T15:14:23","slug":"ces-corps-non-reclames","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ameliekorsi.com\/?p=442","title":{"rendered":"Ces corps non r\u00e9clam\u00e9s"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"442\" class=\"elementor elementor-442\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-c7db0d5 e-flex e-con-boxed wd-section-disabled e-con e-parent\" data-id=\"c7db0d5\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-61c1d4f elementor-widget elementor-widget-wd_text_block\" data-id=\"61c1d4f\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"wd_text_block.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<link rel=\"stylesheet\" id=\"wd-text-block-css\" href=\"https:\/\/ameliekorsi.com\/wp-content\/themes\/woodmart\/css\/parts\/el-text-block.min.css?ver=7.3.2\" type=\"text\/css\" media=\"all\" \/> \t\t\t\t\t<div class=\"wd-text-block reset-last-child text-left\">\n\t\t\t\n\t\t\t<p>\u00a0<\/p><p id=\"viewer-foo\" class=\"xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 _40ACk Ecq9kg bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr\"><span class=\"B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr\">Texte compos\u00e9 lors de la r\u00e9sidence du dramaturge Simon Diard \u00e0 la biblioth\u00e8que Oscar Wilde (Paris XX) en 2019\/2020 et ax\u00e9e autour de la figure du <span style=\"color: #0000ff;\"><a class=\"TWoY9 itht3\" style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/remue.net\/simon-diard-a-la-bibliotheque-oscar-wilde-paris-xx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer noopener\" data-hook=\"linkViewer\">fant\u00f4me<\/a><\/span>.<\/span><\/p><p id=\"viewer-bb2i8\" class=\"xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 _40ACk Ecq9kg bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr\"><span class=\"B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr\">Le 3 septembre 2003 \u00e0 la suite d\u2019une canicule qui a touch\u00e9 toute l\u2019Europe, 57 victimes parisiennes sont inhum\u00e9es sans que leurs corps n\u2019aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9clam\u00e9s. C\u2019est ce qui m\u2019aura inspir\u00e9 ce texte, ce qui s\u2019efface et ce qui reste, les objets, les souvenirs, les gestes...<\/span><span style=\"font-size: 20px; background-color: var(--wd-main-bgcolor); color: var(--wd-text-color);\">\u00a0<\/span><\/p>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-7879bfb elementor-widget-divider--separator-type-pattern elementor-widget-divider--view-line elementor-widget elementor-widget-divider\" data-id=\"7879bfb\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"divider.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-divider\" style=\"--divider-pattern-url: url(&quot;data:image\/svg+xml,%3Csvg xmlns=&#039;http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg&#039; preserveAspectRatio=&#039;none&#039; overflow=&#039;visible&#039; height=&#039;100%&#039; viewBox=&#039;0 0 20 16&#039; fill=&#039;none&#039; stroke=&#039;black&#039; stroke-width=&#039;1&#039; stroke-linecap=&#039;square&#039; stroke-miterlimit=&#039;10&#039;%3E%3Cg transform=&#039;translate(-12.000000, 0)&#039;%3E%3Cpath d=&#039;M28,0L10,18&#039;\/%3E%3Cpath d=&#039;M18,0L0,18&#039;\/%3E%3Cpath d=&#039;M48,0L30,18&#039;\/%3E%3Cpath d=&#039;M38,0L20,18&#039;\/%3E%3C\/g%3E%3C\/svg%3E&quot;);\">\n\t\t\t<span class=\"elementor-divider-separator\">\n\t\t\t\t\t\t<\/span>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-b17f5b5 elementor-widget elementor-widget-wd_text_block\" data-id=\"b17f5b5\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"wd_text_block.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"wd-text-block reset-last-child text-left\">\n\t\t\t\n\t\t\t<p class=\"xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 _40ACk Ecq9kg bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr\"><span class=\"B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 <\/span>Il fait tr\u00e8s chaud. Ils ont dit \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision de ne pas sortir. Alors je ne suis pas sortie. Je ne me souviens pas \u00eatre tomb\u00e9e, je me suis r\u00e9veill\u00e9e allong\u00e9e par terre et maintenant je gratte le sol du bout des doigts. J\u2019ai un peu peur, il me manque un morceau de temps. Je reconnais le parquet de mon appartement, un cercle dur et frais \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de ma t\u00eate. Il fait sombre. Il ne faisait pas si sombre quand je suis tomb\u00e9e. Au-dessus de moi, quelque chose de blanc, qui ressemble \u00e0 ces sp\u00e9l\u00e9oth\u00e8mes qui tombent des plafonds dans les grottes. La nappe de la table du salon. J\u2019ouvre la bouche pour appeler, mes l\u00e8vres sont craquel\u00e9es et les mots restent \u00e0 r\u00e9sonner \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Lorsqu\u2019il nous arrive un accident, l\u2019on voudrait que le monde le remarque, l\u2019inqui\u00e9tude est un sentiment qui se partage. Mais lorsque l\u2019on vit seul, inanim\u00e9, debout, cela ne fait aucune diff\u00e9rence, l\u2019on n\u2019a pas d\u2019autre choix que de s\u2019occuper de soi. Je me tourne sur le ventre, appuie mes paumes si fort sur le parquet que j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019elles vont \u00e9clater et se r\u00e9pandre comme la pulpe d\u2019une orange. Je me retrouve \u00e0 genoux, en pri\u00e8re. Devant moi, le canap\u00e9 et la petite \u00e9tag\u00e8re de livres, surmont\u00e9e de ce vase en c\u00e9ramique que l\u2019on m\u2019a un jour offert pour mon anniversaire. Je pose un pied, l\u2019autre. J\u2019ai perdu un chausson dans la chute. Je me redresse, bien grande pour la pi\u00e8ce.<\/p><p>J\u2019ai d\u00fb rester longtemps au sol.<\/p><p>Je serre les oreilles de la chaise. L\u2019horloge au mur, je ne distingue pas bien, indique onze heure sept ou dix heures sept peut-\u00eatre. Je touche mon bras, mes hanches, je ne suis pas bless\u00e9e, je touche mon visage, appuie trop fort mes doigts contre ma peau qui bruisse \u00e0 la mani\u00e8re du papier calque. Je d\u00e9glutis, ma langue est charg\u00e9e. Je l\u00e2che la chaise pour rejoindre le mur et le longer jusqu\u2019\u00e0 l\u2019interrupteur. Le contact avec les mati\u00e8res est sensible, \u00e7a me fait penser au premier repas apr\u00e8s une longue p\u00e9riode de je\u00fbne, chaque ingr\u00e9dient porteur d\u2019une intensit\u00e9 toute nouvelle. J\u2019appuie. La lumi\u00e8re me br\u00fble les yeux, un \u00e9clair blanc les traverse. J\u2019\u00e9teins.<\/p><p>J\u2019ai d\u00fb rester au sol tr\u00e8s longtemps.<\/p><p>Je franchis la porte, parcours le mur du couloir au chuintement plus lisse, plus doux. Je revois mon mari s\u2019appliquant pour poser le papier peint, \u00e9quilibriste sur le tabouret en plastique. Le froid traverse mon pied nu. Il y a ces irr\u00e9gularit\u00e9s du parquet, les petites fentes, les rayures et aussi les miettes, la poussi\u00e8re accumul\u00e9e le long des plinthes. Je retrouve ma cuisine. Une odeur forte, piquante me monte au nez. La coriandre que j\u2019ai laiss\u00e9e dans une tasse remplie d\u2019eau. Le bouquet a mac\u00e9r\u00e9. Sans appui, je traverse lentement la pi\u00e8ce jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9vier, en ouvre le robinet, \u00e9tudie la mani\u00e8re dont l\u2019eau s\u2019\u00e9coule en ligne droite du robinet au verre et le son que cela produit. Il y a ce froid qui traverse l\u2019ivoire de mes dents, c\u2019est douloureux, je serre mes incisives du haut entre le pouce et l\u2019index. Le verre grince quand je le pose dans l\u2019\u00e9vier comme si je l\u2019avais frott\u00e9 contre du sable. Je fuis l\u2019odeur, retourne au salon. Quelque chose a chang\u00e9. J\u2019ai l\u2019impression de revenir chez moi apr\u00e8s un long voyage, dans une bo\u00eete sans vie, une carcasse que je dois ranimer. La biblioth\u00e8que du c\u00f4t\u00e9 droit, le buffet de l\u2019autre, la table au centre et plus loin contre le mur entre les deux fen\u00eatres, la tablette sur laquelle j\u2019ai d\u00e9pos\u00e9 quelques souvenirs et plus haut, accroch\u00e9, le miroir travers\u00e9 de tiges composant un soleil de paille. Je frotte ma t\u00eate.<\/p><p>J\u2019ai d\u00fb rester trop longtemps au sol.<\/p><p>Je rejoins la tablette. Je connais la provenance de chaque objet. Il y a ce porte-cl\u00e9s r\u00e9alis\u00e9 avec des graines de\u00a0corossol\u00a0qu\u2019une propri\u00e9taire d\u2019auberge m\u2019a donn\u00e9 en Tha\u00eflande, ce bracelet tress\u00e9 offert par un chauffeur de taxi iranien, cet \u00e9ventail peint du Br\u00e9sil, et puis il y a ces c\u0153urs en origami offerts par ma fille quand elle \u00e9tait toute petite. Avant de les accrocher, je les ai gard\u00e9s longtemps dans leur enveloppe d\u2019origine au fond d\u2019une bo\u00eete m\u00e9tallique contenant les cartes postales, de moins en moins chaque ann\u00e9e, les mots d\u2019amiti\u00e9, d\u2019amour et les dessins d\u2019enfants. Je garde les souvenirs de ceux qui sont encore en vie mais aussi de ceux qui ne sont plus l\u00e0 pour en parler. Leur pass\u00e9 c\u2019est aussi le mien. Et moi, qui parlera en mon nom\u00a0? On ne m\u2019imaginera pas en train de vivre.\u00a0On ne verra de moi qu\u2019un vieux corps. Je voudrais que l\u2019on se souvienne un peu de moi.<\/p><p>Combien de temps je suis rest\u00e9e par terre\u00a0?<\/p><p>Je me souviens que sur l\u2019enveloppe elle avait \u00e9crit en majuscules d\u2019enfant :\u00a0interdiction de l\u2019ouvrir avant ton anniversaire maman, suivi d\u2019une maladroite t\u00eate de mort dans un triangle. J\u2019ai ob\u00e9i. Je ne sais pas ce qu\u2019elle devient. Elle est grande, ailleurs. Les ranc\u0153urs, \u00e7a finit bien par passer un jour ou l\u2019autre. En levant la t\u00eate, je me rappelle la porte-fen\u00eatre entreb\u00e2ill\u00e9e. Je ne voulais pas rester totalement enferm\u00e9e, pour avoir l\u2019impression d\u2019\u00eatre avec le monde. Le rideau respire, des brindilles et fleurs s\u00e9ch\u00e9es, soulev\u00e9es par le vent, ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans l\u2019appartement. Je franchis la petite marche et m\u2019appuie contre le garde-corps. Il fait moins chaud.<\/p><p>J\u2019ai d\u00fb dormir plusieurs jours.<\/p><p>Ma robe est trop ample, dessous, mon corps a fondu. Les voitures et les gens foncent sur l\u2019art\u00e8re. A la t\u00e9l\u00e9vision, ils ont dit de ne pas sortir, ils ont dit que cette canicule de 2003 \u00e9tait la plus chaude jamais observ\u00e9e depuis 1950 alors j\u2019ai \u00e9cout\u00e9, je ne suis pas sortie. <em>Pour ces corps non r\u00e9clam\u00e9s<\/em>\u00a0je dis \u00e0 haute-voix. O\u00f9 est-ce que j\u2019ai lu \u00e7a d\u00e9j\u00e0\u00a0? Un discours apr\u00e8s la guerre je crois, non une inscription plut\u00f4t, un cimeti\u00e8re, ces soldats morts ensemble, enterr\u00e9s ensemble, devenus des corps non r\u00e9clam\u00e9s, sans famille, sans souvenirs. Le bruit de la ville me fatigue. Un l\u00e9ger courant d\u2019air me chatouille le nez, je frissonne. La fen\u00eatre referm\u00e9e, je me tourne vers la biblioth\u00e8que pour observer les tranches des livres. Jamais je ne finirai la lecture de tous les livres de ma biblioth\u00e8que. J\u2019attrape les \u00e9crits d\u2019Etty Hillesum, j\u2019en avais corn\u00e9 la derni\u00e8re page lue, \u00e0 peine \u00e0 un tiers, je lis\u00a0<em>je ressens une paix bienfaisante, je me sens renferm\u00e9e en moi-m\u00eame<\/em>.\u00a0Un feuillet tombe, quelques notes prises lors d\u2019une conf\u00e9rence le 21 mai 1972. Je n\u2019ai jamais relu ces notes. J\u2019imagine qu\u2019un jour prochain, quelqu\u2019un va l\u2019ouvrir et tomber dessus, il ne comprendra pas mes pattes de mouche, cela n\u2019aura aucune valeur, il jettera tout sans regrets, sans difficult\u00e9s, moi qui aurai h\u00e9sit\u00e9 toute ma vie \u00e0 me d\u00e9barrasser du pass\u00e9. Nos affaires n\u2019ont bien de valeur que pour nous. Je m\u2019assois sur le parquet, glisse une main entre les pieds de la table pour saisir mon deuxi\u00e8me chausson et\u00a0m\u2019allonge. Il fait nuit. Au plafond d\u00e9filent au m\u00eame rythme que les voitures des taches de lumi\u00e8res. \u00c7a me rappelle la chambre chez mes parents, la lumi\u00e8re qui traverse les volets, pointill\u00e9s sur le mur. Il fait bon, je sens la fra\u00eecheur \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de mon cr\u00e2ne. Je ferme les yeux. Je voudrais qu\u2019il reste un peu de ma m\u00e9moire quelque part, qu\u2019elle rejoigne ces \u00e9nergies qui composent la terre. La pointe ronde et fantomatique de la nappe continue de s\u2019agiter.<\/p><p>Je vais rester au sol encore un moment.<\/p><div data-hook=\"rcv-block22\">\u00a0<\/div><p id=\"viewer-ejm7q\" class=\"xVISr Y9Dpf bCMSCT OZy-3 lnyWN yMZv8w bCMSCT public-DraftStyleDefault-block-depth0 fixed-tab-size public-DraftStyleDefault-text-ltr\"><span class=\"B2EFF public-DraftStyleDefault-ltr\">Illustration et photographie \u00a9Bibliocit\u00e9 pour les Biblioth\u00e8ques de la Ville de Paris, 2020<\/span><\/p>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 3 septembre 2003 \u00e0 la suite d\u2019une canicule qui a touch\u00e9 toute l\u2019Europe, 57 victimes parisiennes sont inhum\u00e9es sans que leurs corps n\u2019aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9clam\u00e9s&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":350,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"footnotes":""},"categories":[27,25],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/442"}],"collection":[{"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=442"}],"version-history":[{"count":26,"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/442\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1354,"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/442\/revisions\/1354"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/350"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=442"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=442"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ameliekorsi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=442"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}